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23 mars 2012 5 23 /03 /mars /2012 09:49

Et oui ça faisait longtemps que je n'avais pas mis à jour cette rubrique ! J'avais cet article sous le coude depuis bientôt 2 mois, j'en suis assez fière car j'ai beaucoup travaillé dessus et j'avais une grosse envie de le partager avec vous !
 

C'est un sujet que j'ai traité en exercice lors de ma prépa, où j'ai eu une excellente note (et sur lequel j'ai explosé mon blanco ....).
 

C'est un extrait de l'ouvrage de Daniel Pennac "Comme un roman"
 

Ca me fait un petit quelque chose de partager ce travail, car j'ai vraiment mis du coeur à l'écrire et il est très "sérieux", donc voici la "GeekMaMa" serieuse et analyste ! 

 (Je vous mets que 2 parties sur 4, sinon vous allez mourir des yeux -et moi des doigts- c'est super long !)

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Si, comme on le dit, mon fils, ma fille, les jeunes n’aiment pas lire  – et le verbe est juste, c’est bien d’une blessure d’amour qu’il s’agit  – il n’en fai incriminer ni la télévision, ni la modernité, ni l’école. Ou tout cela si l’on veut, mais seulement après nous être posé cette question première : qu’avons-nous fait du lecteur idéal qu’il était ces temps où nous-mêmes jouions tout à la fois rôle du conteur et du livre ?

L’ampleur de cette trahison !

Nous formions, lui, le récit et nous, une Trinité chaque soir réconciliée ; il se retrouve seul présent, devant un livre hostile.

La légèreté de nos phrases le libérait de pesanteur ; l’indéchiffrable grouillement des lettres étouffe jusqu’à ses tentations de rêve.

Nous l’avions initié au voyage vertical ; il est écrasé par la stupeur de l’effort.

Nous l’avions doté de l’ubiquité ; le voilà pris dans sa chambre, dans sa classe, dans son livre, dans une ligne, dans un mot.

Où donc se cachent tous ces personnages magiques, ces frères, ces sœurs, ces rois, ces reines, ces héros, tant pourchassés par tant de méchants, et qui le soulageaient du souci d’être en l’appelant à leur aide ? Se peut-il qu’ils aient à voir avec ces traces d’encre brutalement écrasée qu’on appelle des lettres ? Se peut-il que ces demi-dieux aient été émiettés à ce point, réduits à ça : des signes d’imprimerie ? Et le livre devenu cet objet ? Drôle de métamorphose ! L’envers de la magie. Ses héros et lui étouffés ensemble dans la muette épaisseur du livre !

Et ce n’est pas la moindre des métamorphoses que cet acharnement de papa et de maman à vouloir, comme la maîtresse, lui faire libérer ce rêve embastillé.

— Alors, qu’est-ce qui lui est arrivé au prince, hein ? J’attends !

Ces parents qui jamais, jamais, quand ils lui lisaient un livre ne se souciaient de savoir s’il avait bien compris que la Belle dormait au bois parce qu’elle s’était piquée à la quenouille, et Blanche-Neige parce qu’elle avait croqué la pomme. (Les premières fois, d’ailleurs, il n’avait pas compris, pas vraiment. Il y avait tant de merveilles, dans ces histoires, tant de jolis mots, et tellement d’émotion ! Il mettait toute son application à attendre son passage préféré, qu’il récitait en lui-même le moment venu ; puis venaient les autres, plus obscurs, où se nouaient tous les mystères, mais peu à peu il comprenait tout ! absolument tout, et savait parfaitement que si la Belle dormait, c’était pour cause de quenouille, et Blanche-Neige pour raison de pomme...)

— Je répète ma question : qu’est-ce qui est arrivé à ce prince quand son père l’a chassé du château ?

Nous insistons, nous insistons. Bon Dieu, il n’est pas pensable que ce gosse n’ait pas compris le contenu de ces quinze lignes ! Ce n’est tout même pas la mer à boire, quinze lignes !

Nous étions son conteur, nous sommes devenu son comptable.

— Puisque c’est comme ça, pas de télévision tout à l’heure !

Eh ! oui...

Oui... La télévision élevée à la dignité de récompense... et, par corollaire, la lecture ravalée au rang de corvée... c’est de nous, cette trouvaille...

 

 

PARTIE 1


Ce texte me parait actuel puisqu'aujourd'hui, l'enfant subit beaucoup de pression de la part des parents et de l'école : il est demandé d'avoir du resultat, du chiffre et de l'efficacité. S'il a compris ou non, l'important étant d'avoir les bons résultats, le sésame requis pour avoir la tranquilité.

Le ressenti de l'efnant vis à vis de l'apprentissage n'est que trop peu pris en compte, l'école est collective, donc les bases de l'apprentissage sont les mêmes pour tout le monde : méthode syllabique ou globale, peu importe, c'est la maîtresse qui décide.

 
A contrario, la lecture est très importante pour les parents : dès deux ou trois ans, il n'est pas rare qu'un enfant ait une bibliothèque personnelle faisant la fierté des parents. Malheureusement, les enfants ne bénéficient pas réellement de suivi personnel, ils vont entendre, écouter et rêver les histoires contées par la maitresse ou leur mère et se retrouvement seuls face à leur ouvrage littéraire.

De nos jours, les parents eux même ne lisent plus : soit par manque de temps, soit par manque d'intéret. Les parents qui n'aiment pas lire sont-il capables d'apprendre efficacement la lecure à leur enfant ?

 
Pouvons nous faire en sorte de les réconciler avec la lecture afin que celle ci soit un réel plaisir pour les parents et les enfants.

 
Prendre le temps d'apprendre, là est la clé. N'oublions pas que nous sommes les modèles pour les prochaines générations, à nous de faire les efforts et arrêtons d'accabler les enfants qui ont soif d'apprendre, oui, mais à leur rythme. 


PARTIE 2 


D'ailleurs, ce texte contient des éléments qui invitent à une réflexion concernant l'éducation. J'en ai relevé cinq, que je citerai et expliquerai et je tenterai, en conclusion d'analyser ces extraits.


Le premier extrait relevé est le suivant :


" Et ce n'est pas la moindre des métamorphoses que cet acharnement de papa et de maman à vouloir, comme la maitresse, lui faire libérer ce rêve embastillé.

" Alors, qu'est-e qui lui est arrivé au prince, hein ? J'attends !"

Dans cet extait, on dénote un acharnement, et la précison "comme la maitresse" est frappante puisqu'elle est considérée comme le bon exemple en matière d'éducation, et cela entraine la dépersonnalisation de l'éducation, les codes familiaux sont ainsi déstabilisés. 

Depuis toujours, le professeur est vu comme le détenteur du savoir, lui seul est capable d'apprendre aux enfants. Il n'est pas rare de voir les parents déboussolés car le professeur a insinué une mauvaise éducation de leur part.
Nul n'a le droit de juger l'éducation d'autrui, encore moins le professeur, qui est là pour transmettre le savoir et qui, en dehors de sa fonction, reste un individu comme tout le monde.

 

J'ai également relevé cet extrait :


"Ces parents, qui jamais, jamais, quand ils lui lisaient un livre ne se souciaient de savoir s'il avait bien "compris""

Dans cet extrait, nous remarquons qu'il arrive très souvent que les livres soient lus machinalement.
Alors que la lecture d'une histoire le soir se doit d'être un moment privilégié entre le parent et l'enfant, le manque d'intéraction entre les deux personnes entraine un questionnement sans réponse. L'enfant est alors livré à lui-même dans son raisonnement.

De nos jours, les jeux et dessins animés intéractifs dont fureur aurpès du jeune public, en effet, ils donnent l'illusion d'un échange, d'une proximité avec le héro, ils apprennent, sont intérrogés par des images préenregistrées.
Ils remplacent de manière illusoire l'échange parent-enfant et les deux parties semblent s'en accomoder pour le moment :

Mon enfant apprend seul en s'amusant, j'ai du temps pour moi. Mes parents me laissent devant la télé, devant mon héro préféré. 


L'extrait m'ayant invité à une réfléxion sur l'Education au même titre que les précédents est :


"Nous insistons, nous insistons. Bon dieu, il n'est pas pensable que ce gosse n'ait pas compris le contenu de ces quinzes lignes !"

L'extrait cité démontre plusieurs choses : Ce type de réactions de la part des parents face à cet echec est une preuve que l'adulte ne se positionne pas à la place de l'enfant, et il subsiste une incompréhension notable de la part du parent.

 
A ce moment, l'enfant est élevé au rang d'adulte, qui se doit de tout savoir. Le parent refuse que son enfant ne sache pas, ne comprenne pas, des choses qui pour lui sont basiques, c'est facile pour l'adulte, puisque ces notions de base que sont la lecture et l'écriture sont acquises depuis fort longtemps.


C'est alors qu'il y a l'inconscience des parents face aux difficultés de l'enfant, cette prise de conscience est bien rare et souvent, la solution face aux difficultés de l'enfant est la visite chez un spécialise, un psychologue ou encore un orthophoniste.
Encore une fois, les parents se déchargent de leurs résponsabilités.


Le quatrième extrait est le suivant :


"Nous étions son conteur, nous somme devenus son comptable."

L'entrée à l'ecole à lâge de six ans est un boulversement pour l'enfant mais aussi pour les parents.
A partir de ce moment, l'esprit de competition s'installe. Il faut être le meilleur partout, en mathématiques, en sport et en lecture. Le passage à l'école crée une rupture réelle entre le parents et l'enfant, alors que la lecture d'un livre était un plaisir partagé, c'est devenu une source de conflit.
A t-il bien fait son lot d'exercices pour demain ? A t-il eu de bonnes notes en français ? A quel rang de la classe est-il arrivé ce trimestre ?

Voilà des questions que l'on se pose quotidiennement, des questions quantitatives et comparatives. 


Enfin, la dernière phrase est celle-ci :


"La télévision, élevée à la dignité de récompense ... et par corrolaire, la lecture ravalée au rang de corvée"

 Il est parfois difficile de trouver un accord avec l'enfant afin que les deux parties soient satisfaites.
En effet, le manque de temps, de patience ou encore le manque de connaissances en matière d'education nous fait inévitablement choisir la solution de facilité : le chantage.

De ce fait, la partie visant à négocier, discuter, comprendre est alors avortée pour une chose bien plus efficace en générale, "la carotte".
Le principe est très simple, proposer à l'enfant quelque chose qu'il aime en échange d'une corvée ou d'un devoir correctement réalisé. Cela serait une solution miracle n'était pas une solution de facilité.
Le chantage montre une faiblesse de la part des parents. Ils n'ont pas toujours le courage ou l'envie d'entendre et de comprendre leur enfant, à savoir qu'eux même n'ont pas été écoutés pendant leur enfance, donc, de là survient la reproduction de l'éducation qu'ils ont reçus.


Le chantage ne résoud rien, il sert uniquement à masquer le problème de fond pour une courte période.

 
Et quand le problème ressurgira, le chantage sera de nouveau de mise. 

 


En conclusion, avec ces cinq extraits, nous avons pu remarquer que le rôle des parents est totalement diminué au niveau de l'apprentissage de la lecture.
En effet, l'école joue beaucoup sur la dépersonnalisation de l'Education, celle-ci étant "normalisée" au sein des différentes structure entrainant un manque de confiance dans les valeurs parentales.

Ce manque de confiance installe alors un manque de communication avec l'enfant, les parents préférant se ourner vers des professionnels en ne tenant pas compte de l'avis de l'enfant.
Ce manque de communication entraine inévitablement une incompréhension quand aux difficultés de leurs enfants.

Sans parler de l'esprit de compétition au sein de l'école dès leur plus jeune âge. Lorsque l'enfant échoue, couplé à l'incompréhension, le chantage est alors utilisé comme moyen de pression. Tout cela peut-il être évité ?

A l'heure ou l'Education occupe une grande place dans la société, ou de nouvelles méthodes font leur apparition ; mère tigre ou maternante, nous n'avons que l'embarras du choix.

Est-ce l'evolution de la société qui divise la cellule familiale ? le stress, les deux parents obligés de travailler à pleins temps pour vivre decemment, la fatigue est grande.

Est- il possible d'installer un climat serein et communiquant au sein de la famille ?

En France, quelques familles ont décidé de faire l'école à la maison pour éviter ces moyens de pression que sont les notes à des enfants agés de six ou sept ans. Est-ce la solution miracle ? Faut-il revoir les méthodes de l'Education Nationale ? 

 
Il ne faut pas oublier qu'avant toute chose, la communication avec son enfant est la clé pour une éducaton sereine et équilibrée. 

 

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commentaires

Distribution de journaux 04/04/2012 17:19


Merci pour le temps que vous passer sur ce blog et les informations que vous faites figurer. En tout cas c’est un blog utile de plus il est facile à consulter. Bonne continuation pour ce
merveilleux travail.

Mme Déjantée 25/03/2012 19:10


Je poursuis ici mon commentaire commencé sur le blog collectif... Cet extrait est vraiment très intéressant car l'auteur a cerné de l'intérieur autant que de l'extérieur (je crois aussi qu'il été
prof) les différents problèmes que tu soulignes...


Au travers de ces problèmes, j'y lis les nombreuses angoisses des parents, conscients que la société dans laquelle nous vivons ferme de nombreuses portes à ceux qui ont eu le malheur de ne pas
réussir à l'école... qui retrouvent à l'entrée de leur enfant à l'école leurs propres démons, leurs propres craintes, leurs propres blessures scolaires... J'y lis également le clivage à mon sens
trop extrême entre le temps de l'apprentissage par le jeu et le temps des apprentissages systématiques que l'école met en oeuvre par le passage à l'école élémentaire a lieu parallèlement et de
façon délétère à la maison...


Chez nous, la Princesse est en plein apprentissage de la lecture... Elle lit les donc les "T'choupi" de ses petits frères... GPL écoute donc attentivement le récit tandis que PMH qui connait
toutes les histoires par coeur, vient au secours de sa soeur quand elle bute sur un mot... Et moi je les trouve trop mignons... (minute pas intellectuelle^^^!!) 

GeekMaMa 25/03/2012 20:30



merci pour ton commentaire ! =)


 


très intéressant en effet je suis d'accord sur tout les points ! en tout cas, j'espère que le jour ou ma fille apprendra a lire, j'aurai les bons reflexes et serai attentive comme il faut !



flolasouricette 23/03/2012 13:58


J'adore cet extrait de Pennac ! Ceci dit, je tempérerais un peu l'importance de la pression mise par les enseignants : lorsque j'avais des CP, j'étais la première à expliquer aux parents
l'importance de relativiser les devoirs du soirs au profit de plaisirs partagés comme les discussions et la lecture faite par les parents. C'est vrai que nous vivons dans un monde où
la performance est encouragée dès le plus jeune âge au détriment des contes et de la réverie. Or, je pense que c'est en offrant le maximum de lectures plaisirs aux enfants que ceux-ci auront
envie de se "coltiner" l'effort d'apprendre à lire. Mais bon,  comme le précise Pennac dans les "10 commandements du lecteur", on a parfaitement le droit, aussi, de ne pas aimer lire !

GeekMaMa 23/03/2012 14:03



Merci pour ce commentaire !


 


En effet, en recopiant, j'ai remarqué mon "radicalisme" sur les profs ! :D Mais j'ai bien conscience que tout les maitres ne sont pas "horrible" et heureusement ! 

Et oui, on a parfaitement le droit de ne pas aimer lire ! (comme on a le droit de ne pas aimer le pc.... comment ca ? c'est possible ? xD) 



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  • : Une GeekMaMa qui navigue entre son pc, sa petite fille, sa cuisine ,sa salle de bain,et qui ne plaisante jamais avec l'humour ! Passionnée de beauté et de maquillage, je teste les produits en tout genre sans langue de bois et avec le sourire ! J'aime aussi laisser libre court à ma gourmandise en vous proposant des bizarreries culinaires. Suivez moi dans mes aventures de maman ! Le tout dans la joie et la bonne humeur !
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